Poussée d’écrits

Parmi toutes les créations de l’Homme, s’il y en a bien une qui fera toujours fureur, c’est l’écrit. Depuis la nuit des temps, l’Homme a eu cette envie impérieuse de laisser sa trace. Chauffé par un feu de détresse, la température montante l’a conduit vers une poussée d’écrits. De dessins terre à terre (sic) à l’invention de symboles, ces écrits sont devenus tout à la fois un moyen d’expression comme de transmission. L’Homme du feu a ressenti le besoin de passer le flambeau et a dès lors allumé la mèche de l’évolution fulgurante. Nous avons traversé les âges comme un boulet de canon avec des traces du passé souvent indélébiles.

Malheureusement, le nerf de la guerre est vite passé du feu à l’économie. Et ces fameux symboles prirent appui sur les échanges commerciaux. L’écrit s’est enrichi en même temps que les marchés se sont enflammés. Nous voici dès lors, jeunes héritiers d’une civilisation vieille de millions d’années à nous approprier le monde avec la même fièvre qui nous a toujours guidés : cette soif de nous exprimer, de communiquer ; cette poussée d’écrits qu’une extinction de voie ne pourrait taire.

Certains se gargarisent et se font mousser pour s’éclaircir la voie tandis que d’autres semblent étouffés et bâillonnés sur des voies de garage. Et toujours cette dynamique économique où l’humain a plus tendance à faire des jeux de maux pour le confort des érudits commerciaux qu’à calligraphier à livre ouvert.

Manier l’écrit (et non pas le manipuler) est un besoin bien plus qu’un outil.
Dans cette société fracturée se construit le monde scolaire. Une sorte de monde parallèle qui a pour mission de construire les adultes de demain. Nous tombons d’ailleurs sur un paradoxe où les enseignants ont le désir d’aider les enfants à construire leur personnalité, mais où la société attend des adultes autonomes et productifs. Cette société qui vit aujourd’hui dans la course au présent, au partage d’information en direct avec des outils numériques que l’école peine à intégrer.
Une société où des enfants usent leur mine sur du papier glacé (à faire parfois froid dans le dos) tandis que d’autres usent les murs d’une mine épuisée et que d’autres encore s’usent les yeux sur de sacrées tablettes.

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